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Poésie publique: interventions sauvages dans l'espace public, avec une machine à écrire et la générosité intrinsèque à toute bonne rencontre.

Crédits photo Camille Reynaud

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Quelques poèmes écrits sur le vif/

Sète, Place du Pouffre, 2021

 

Mains

A l’origine il y a
cinq invitations
à émanciper l’Homme
trouver le feu
A l’origine
il y a la fabrique
l’outil amené
par l’empreinte pulsatile

la main.
Dextérité adoptée
dans un silence millénaire
avant même le langage
la main.
Appartenant aux poignes
aux caresses
et aux rabots de la victoire
la main qui claque
la main qui saigne 
la main qui travaille
qui malaxe qui puise
main d’insolubles évidences
et d’interactions avec le présent.

 

L’art pour arme

Inventant pour rugir
son râle pour rugir sa verve
celui qui crée, transfuge d’action,
laisse parcourir la secousse
de son œuvre sur les colonnes
des temples archaïques.

Art pour arme
avec en guise de détonation
une pointe criarde
de la honte de faire
et de ne pas faire vraiment.

Que sauvera-t-on de ces éloquences
de ces chamades à l’emporte-pièce
de ces cantonades de la pensée
que survivra-t-il
au carnage des ombres à venir ?

Pas nous.
Pas nous certes,
mais l’onde frasque du regard
mû par le courage,
c’est probable.

Il est des empreintes inaudibles
délicates
et des offrandes qu’on distille
avec nos joutes.

 

A mourir pour mourir,
choisir son arme.

 

Méditerranée

Morte-née
la patrouille des buveurs de sel
esquisse une unanime barque.

Espoirs crochetés à l’ancre des rotules
c’est absolu et de rage
que les eaux les inondent.

D’absolu de courage
que les yeux ramendent
leur paix

 

 

Marche solitaire

Avenant la première fois
que le premier pas empreinte de sol
que la première bouffée d’air froid et sec
intègre mon poumon
avenante avec cette fois-là
je m’enthousiasme

que la blancheur du silence

oublie son propre nom.